N.Diagne: remise prix L.Vergne

 

Nathalie Diagne a soutenu sa thèse en 2011 au Sénégal. Ses travaux portaient sur les interactions entre les plantes et les microorganismes symbiotiques afin d'identifier une stratégie susceptible d'agir contre la dégradation des écosystèmes, problème majeur dans le monde et plus particulièrement dans les pays sahéliens.

La dégradation des terres est principalement dûe à la déforestation qui entraîne une disparition du couvert végétal, une érosion accrue des sols, une baisse de la disponibilité des nutriments minéraux pour les plantes,une réduction de l'infiltration de l'eau, une perte de l'activité bactérienne et une baisse considérable de la quantité et de la qualité de matière organique. Ces phénomènes sont, entre autres, à l'origine de la baisse de la production des écosystèmes affectés. Au regard de ces problèmes, il s'avère important de proposer de nouvelles pratiques agricoles à la fois productives et respectueuses de l'environnement.

 

Etudier les micoorganismes du sol...

Nathalie Diagne s'est intéresséee en particulier au Casuarina, plante pionnière, capable de s'adapter aux sols pauvres. Cette plasticité est dûe à sa capacité à s'associer avec des microorganismes du sol tels que les champignpns mycorhiziens et le bactéries fixatrices d'azotes. Ces microorganismes ont un rôle très important dans l'amélioration de la nutrition minérale de la plante. Une meilleure compréhension de cette interaction Casuarina-symbiotes permettrait de renforcer la croissance de la plante, d'augmenter sa survie lors de la transplantation, d'améliorer sa croissance et sa résistance aux carences du sol.

Le filao (C. equisetifolia) a été planté dans les années 1920 au Sénégal, dans la région des Niayes, sur environ 2500 Km entre Dakar et Saint-Louis. Cette plantation joue un rôle écologique important (stabilisation des dunes, brise-vent, protection des cultures maraichères adjacentes, mise en valeur des terres salées et améloration de la fertilité des terres via une production massive de matière organique). Il représente aussi un enjeu économique considérable puisque la quasi totalité des légumes consommés par la mégapole dakaroise provient de cette zone. Cependant, cette plantation de Casuarina est vieillissante et il devient urgent de replanter de jeunes plants afin de sauvegarder la bande des Niayes. L'étude réalisée par Nathalie Diagne a permis de mieux comprendre le modèle Casuarina et les symbiotes pouvant lui être associés afin d'améliorer les performances de la plante et de l'utiliser pour réhabiliter les sols dégradés au Sénégal. Ces travaux ont permis d'analyser la diversité des champignpns mycorhiziens associés à cette espèce de plante et d'identifier les microorganismes ayant un effet plus important sur la croissance des filaos.

... pour optimiser le reboisement

En collaboration avec le Centre national de recherches forestières de Dakar (Dr. Ousmane DIAGNE), ces souches de microorganismes ont été utilisées pour inoculer les plants de filao destinés aux programmes de reforestation de la bande des Niayes.

Ces techniques permettent d'optimiser le reboisement afin d'améliorer l'adaptation des écosystèmes aux changements climatiques.

La meilleure compréhension de la physiologie de Casuarina et du fonctionnement de la symbiose mycorhizienne et actinorhizienne chez cette espèce a également permis à Nathalie Diagne d'entreprendre après sa thèse, des programmes de reboisement dans la communauté rurale de Palmarin (Sine-Saloum), où plus du quart des terres cultivables sont dégradées par le sel. Ces programmes apportent ainsi un nouveau couvert végétal sur les terres érodées. Ceci permet de renforcer la séquestration du carbone, de rétablir le scycles biogéochimiques jouant un rôle très important dans l'amélioration de la fertilité du sol, de promouvoir la production de bioénergie pouvant être largement utilisée par la population et d'améliorer la résilience des écosystèmes.

La réhabilitation des terres grâce à ce type d'approche devrait contribuer à améliorer la production agricole, conurant ainsi à la réduction de la pauvreté et de la faim en Afrique.